L’œil du collectionneur par Jean-luc Ferrand

La Maison FOURDINOIS (1835-1887)

mercredi 2 mai 2012, par Barbara Cogollos

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Biographie :

La maison est fondée en 1835 par Alexandre Georges Fourdinois, descendant d’une maison de sculpteurs sur bois parisiens.

En 1844 Alexandre Georges Fourdinois s’associe à l’ornemaniste anglais Fossey. Notre ébéniste lui apporte ses capacités techniques et son sens des affaires. Ils se séparent en 1848 sans que l’on en connaisse les raisons. Fourdinois reste dans les mêmes ateliers situés rue Amelot à Paris.

En 1867 la maison est reprise par le fils, Henri Auguste, après avoir travaillé en collaboration dès 1860 avec son père.

Avant cela il travaille chez félix Duban, architecte qui restaura l’Ecole des Beaux-Arts et la galerie d’Apollon au Louvre. D’ailleurs, Duban commandera à Fourdinois père des meubles pour les salles restaurées du Louvre.

Plus tard, Henri Auguste travaillera à Londres comme dessinateur chez l’orfèvre Morel et exécutera des modèles pour le bronzier Paillard.

La maison fermera ses portes en 1887.

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Henri Auguste Fourdinois en 1848

Sa production :

Les Expositions Universelles contribuent grandement à l’essor de la réputation de la maison Fourdinois, qu’elles soient parisiennes ou londoniennes. La maison y décrochera d’ailleurs la Grande médaille pour le grand buffet néo-renaissance. Encensé par la critique et jalousé par ses pairs, la maison donne le ton et la mode à suivre, traduit par le style néo-renaissance.

Le style Renaissance se manifeste déjà en France depuis Louis-Philippe mais connait son rayonnement sous Napoléon III. Son goût pour ce style vient non seulement de l’engouement collectif mais également de sa collaboration avec Fossey et du passage de ce dernier en Angleterre dans les ateliers de la firme Crace. Suite à cela, Fossey prend la décision de se consacrer au dessin d’ébénisterie et au style Renaissance, ce qui influencera grandement Fourdinois père.

Alexandre Georges Fourdinois est d’ailleurs salué par Viollet-le-Duc pour ses créations qui respectent parfaitement l’histoire de l’environnement où elles doivent être placées.

La maison s’attache à produire du mobilier courant mais aussi des pièces d’exception. Ainsi Alexandre Georges Fourdinois devient un des fournisseurs attitré de l’impératrice Eugénie. Parmi ses clients prestigieux on compte également la princesse Mathilde, les banquiers Péreire et Ottinger, la Païva, les Rotschild, ou encore le château de Compiègne et de Fontainebleau dont les musées conservent encore de nombreux exemples de leur production.

Alexandre Georges Fourdinois devient l’un des plus grands sculpteurs et ébénistes du 19e s.

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Chambre des reines mères Fontainebleau livrée par Fourdinois en 1860

Ses particularités :

Alexandre Georges Fourdinois connait très bien l’histoire des arts comme l’indique Mme Samoyault-Verlet, ancienne conservatrice au Musée National du château de Fontainebleau « Sous le second Empire les créateurs se tournent vers le passé, ce qui n’est pas nouveau car le passé a toujours servi de source d’inspiration, mais ce qui est nouveau, c’est son utilisation exclusive. Toutes les époques, tous les styles sont au goût du jour » Ainsi il peut facilement satisfaire les goûts éclectiques de ses clients. A cela s’ajoute ses capacités techniques et une connaissance parfaite des qualités et des aptitudes des matériaux, surtout le bois.

La structure est solide et élégante.

Les bois utilisés varient : en noyer ou en ébène et proviennent souvent des colonies comme pour le thuya d’Algérie.

A l’époque de la production de Fourdinois père la production s’inspire le plus souvent des styles Renaissance et Baroque ainsi que du style Louis XVI.

Au premier abord l’opulence de la production nous éblouie, mais après une étude plus approfondie, on constate qu’elle reste cohérente et extrêmement bien construite et ce, dans les moindres détails.

Les décorations sculptées sont abondantes, on y trouve également de la marqueterie de matériaux précieux, pierres dures, bois et nacres qui est un procédé nouveau mis en place par Fourdinois fils. Ce procédé a été permis grâce à la mécanisation des scies.

Particularité peu commune, Alexandre Georges Fourdinois exécute et dessine lui même ses meubles.

La côte :

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Console de style Louis XIV- Vendredi 18 mars 2011- Khon Paris- Alexandre Georges Fourdinois
Estimée 20 /25 000 euros - Pas d’adjudication
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Chambre à coucher de style Renaissance- Vendredi 29 mai 2009- Khon Paris- Henri Auguste Fourdinois
Estimé 15 /18 000 euros- adjugé 20 500 euros
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Bureau plat de style Régence- Lundi 17 mars 2008- Koller Zurich- Henri Auguste Fourdinois
Estimé 33 /60 000 euros- adjugé 40 000 euros

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