L’œil du collectionneur par Jean-luc Ferrand

La porcelaine KUTANI

lundi 15 février 2016, par Barbara Cogollos

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En 1644, la province de Jiangxi en Chine tombe aux mains des mandchous ce qui entraine un arrêt de l’exportation de porcelaines polychromes qui ne reprendra que sporadiquement à partir de 1660. L’exportation des productions chinoises étant le seul moyen pour les japonais de se fournir en porcelaines polychromes, la Corée ne produisant que du « blanc,bleu », les artisans japonais tentent alors de percer les mystères de la polychromie. C’est chose fait quand un potier de Hizen découvre les émaux polychromes sous couverture, d’après la légende, c’est un chinois expatrié à Nagasaki qui aurait révélé le secret de la composition des dît émaux.

A partir de 1646 la production est lancé, en 1647 le potier Sakaida Kizaemon vend des pièces polychromes au seigneur Maeda du fief de Kaga, c’est l’apparition de la technique des émaux sur couverture. La technique consiste en une première cuisson du corps enduit d’une couverture transparente à 1280° puis une application des émaux sur la couverture transparente et une deuxième cuisson à basse température (950°). Cette technique engendre une polychromie particulière : rouge et vert associé à un bleu sous couverture.

A partir de 1640 la palette évolue : la gamme chromatique s’étend et compte dorénavant le jaune, le vert, le rouge, le bleu et l’aubergine, c’est l’apparition du « Kutani ancien à 5 couleurs ». Les formes les plus courantes sont des plats circulaires, des coupes etc.

En 1650, c’est l’apparition d’une nouvelle palette : le rouge, jaune et vert clair associé au bleu sous couverture. Mais le Kutani ne cesse d’évoluer et d’engendrer de nouveaux courants : le Kutani à palette verte ou le Kutani à palette rouge en font partie. Le Kutani à palette verte sera d’ailleurs le premier exporté vers l’europe. La porcelaine Kutani rencontre un succès fulgurant et les japonais garderont la mainmise sur toute la porcelaine jusqu’en 1658 et l’apparition du décor à l’or.

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