L’œil du collectionneur par Jean-luc Ferrand

DARBAUD Jacques

mardi 5 avril 2016, par Barbara Cogollos

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Sculpture jeune congolaise à la calebasse, en bronze à patine brun-roux et numérotée 6/8.

Jacques DARBAUD né en 1943 à Aix en Provence d’un père peintre et d’une mère comédienne, il est, de plus, le petit-fils du peintre Fortuney. Après des études secondaires au collège du Montcel à Jouy en Josas, il intègre l’Académie de la Grande Chaumière et fréquente également l’Académie d’André Lhote. Pendant des années il travaille comme créateur de meuble, peintre et sculpteur mais aussi comme décorateur pour le cinéma. Jacques DARBAUD est une des grandes figures de la sculpture africaniste française tant pour l’émotion qu’il rend à ses personnages que par sa recherche d’un naturalisme poussé.

C’est en 1993 que Jacques DARBAUD s’installe dans le sud de la France où il crée et anime un atelier de sculpture parallèlement à sa propre création à laquelle il se consacre depuis une dizaine d’années. C’est grâce à l’oeuvre de l’artiste anglais Herbert Ward (sculpteur et anthropologue) dont il achète des oeuvres lors de la vente de son atelier en 1987, que née sa fascination pour l’Afrique. Herbert Ward est une grande figure dans le domaine de la sculpture africaniste de la seconde moitié du 19ème siècle. C’est à cette période que le champ d’investigation s’ouvre pour les artistes qui ne se limitent plus à parfaire leurs connaissances et leurs modèles à Rome mais vont vers de nouveaux horizons comme l’Afrique. Les colonies et les grandes expositions universelles permettent de découvrir ce nouveau continent. De plus, les voyages d’exploration donnent lieu à un intérêt accru pour ces civilisations étrangères et cela se traduit dans la production artistique française. Jacques DARBAUD s’inspirera alors fortement de ce sculpteur pour le reste de sa création. Il traduit alors un style profondément naturaliste avec une fidélité de retranscription qui donne à son travail une dimension ethnographique.

Cette sculpture de DARBAUD, jeune congolaise à la calebasse, révèle parfaitement cet esprit : l’artiste présente un enfant dans une tâche quotidienne et banale qui souligne l’intérêt porté à un mode de vie étranger et à ces moindre faits et gestes. De plus, l’enfant est représenté en mouvement, tout en grâce avec ce geste de la main qui amplifie la sensibilité donnée au personnage. La représentation de la femme est alors ici sublimée toujours dans une recherche du plus grand naturalisme.

Chaque année la Galerie Philippe Heim présente Jacques DARBAUD aux Tuileries dans le cadre du Pavillon des Arts et du Design et le présente de manière permanente à Bruxelles, dans une Galerie du Sablon où il touche une clientèle internationale et figure dans bon nombre de collections privées françaises et étrangères.

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