L’œil du collectionneur par Jean-luc Ferrand

DUVIVIER

lundi 2 mai 2016, par Barbara Cogollos

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Bureau plaqué et laqué toutes faces, plateau recouvert de cuir brun frappé aux petits fers dorés, traverses chantournées. Décoré de huit panneaux de laque rouge, noir et or illustrés de scènes asiatiques, les 4 pieds fortement galbés. Riches ornementations de bronze doré telles que serrures, pieds dorés. Estampille DUVIVER sur l’intérieur d’une serrure.


Ce ravissant bureau plaqué et laqué sur toutes ses faces est l’oeuvre de l’ébéniste Thomas Ambroise DUVIVIER.

Actif de 1825 à 1864, il est installé rue de Charenton à Paris, au 65 puis au 85. Il réalise tous types de meubles en noyer et en acajou. A partir de 1856, il se spécialise dans les petits meubles, bouts de canapé, vides poches etc.

Notons aussi que DUVIVIER a fourni l’église de Saint Rémy de Gougnies pendant sa construction en 1852.

Notre bureau est un exemple parfait du goût pour les chinoiseries, ses décors d’inspiration asiatique et sa laque rouge sont tout à fait typiques du courant venu d’Extrême Orient qui déferle sur le mobilier à partir du XVIIIème. En effet, avec l’ouverture du Japon à l’occident, de nombreux objets manufacturés japonais parviennent jusqu’en Europe, ces différents objets (du vase jusqu’à la soierie) font très forte impression sur la clientèle française ainsi que sur les artisans. Le paroxysme est atteint en 1889 et 1900 pendant les Expositions Universelles. En effet de nombreux
artisans japonais exposent des céramiques, des meubles ou des peintures qui ont un retentissement énorme dans toute l’Europe. Suite à quoi nait la mode du japonisme qui consiste à reprendre les traits caractéristiques (ou supposés l’être) des productions asiatiques.

Un bureau très proche dans sa forme mais sans laque a été proposé durant la vente aux enchères du 23 octobre 2006, à Drouot (Beaussant-Lefèvre), il a été adjugé 39 500€.

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