L’œil du collectionneur par Jean-luc Ferrand

BARBEDIENNE Ferdinand (1810-1892)

mercredi 31 mars 2010, par Barbara Cogollos

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Fils d’un modeste cultivateur normand, il fit une première fortune dans les papiers peints avant la création de son atelier de fonderie en 1839 qui correspond avec l’invention du réducteur mécanique par Achille Collas avec lequel Barbedienne s’associe.

L’industrie du bronze d’art connut, de 1840 à 1865, un développement stupéfiant. Le nombre de fondeurs-éditeurs s’accrut fortement.

L’invention des procédés de réduction mécanique par Achille COLLAS (1795-1859) et Frédéric SAUVAGE, inventeur de l’hélice (1786-1857) furent déterminants, basés sur l’utilisation du pantographe. Achille COLLAS s’associe dès lors avec Ferdinand BARBEDIENNE, marchand de papiers peints à cette époque. Tous les deux autodidactes, ils ouvrent une fonderie en 1838 dont la première réduction sera la Vénus De Milo.

La portée du procédé est considérable car il permet de réduire à une échelle compatible avec les intérieurs bourgeois de l’époque. Le client peut faire son choix en fonction de son budget ou de la taille de son intérieur.

La maison « Collas et Barbedienne » fait reproduire en bronze et en réduction un grand nombre d’œuvres sculptées conservées dans les grands musées européens. Ils se spécialisent alors dans la reproduction des bronzes d’après l’antique.

La maison remporte de nombreuses médailles à l’Exposition internationale de Londres en 1851, puis à celle de Paris en 1855. Elle présente alors des réductions d’après l’antique, la Renaissance et le XVIIIe siècle.

BARBEDIENNE s’intéresse rapidement aux sculpteurs contemporains comme BOSIO, David d’ANGERS, CLESINGER et FREMIET, MENE... avec lesquels il signe des contrats d’exclusivité selon une formule inédite ; Barbedienne versait aux artistes une commission allant de 20% et jusqu’à 50% lorsqu’il s’agissait de cires perdues nécessitant des interventions de l’artiste. Véritable médiateur entre l’artiste et le public, il prenait un risque financier important pour le financement des premiers tirages. C’est ainsi que Barbedienne fit preuve d’une grande intuition commerciale dotée d’un œil artistique des plus aiguisés. Il établit toujours des contrats pour un nombre illimité d’épreuves mais sur une durée généralement de cinq à huit ans, cela pouvant aller jusqu’à vingt ans (Rodin) ou même durant toute la vie de l’artiste (Rude, Clésinger).

A la mort du fondeur, le 21 mars 1892 la maison Barbedienne employait 600 ouvriers et avait une solide réputation internationale. En dehors de l’activité connue de fondeur, on trouvait rue de Lancry un cabinet de dessin pour l’étude de la composition des modèles, un atelier de sculpture pour leur exécution en plâtre, bois, marbre etc... un atelier de réduction, des ateliers de monture et de ciselure, des ateliers de marbrerie, d’ébénisterie et d’émaux cloisonnés. En Effet, comme d’autres concurrents, il proposait en sus des bronzes, divers objets mobiliers.

Gustave LEBLANC, neveu de Ferdinand BARBEDIENNE reprendra la société avec le souhait qu’il conserve « autant que possible la raison sociale F.Barbedienne ». Gustave LEBLANC associe son fils à l’entreprise en 1911. Ils créaient une nouvelle société « Leblanc-Barbedienne et Fils » en 1921 installée cité Canrobert à Paris et destinée à produire des cires perdues. Quant aux fontes au sable, elles continuent à être cachetées : « F.BARBEDIENNE » ou « F. BARBEDIENNE FONDEUR ».Au début du XXe siècle, l’entreprise, florissante ouvre des succursales en Grande Bretagne, aux USA, en Allemagne et en Belgique.
La maison Barbedienne ferme ses portes en 1954 après plus de cent ans d’activité, victime du désintérêt général de l’époque pour le bronze d’art.

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