L’œil du collectionneur par Jean-luc Ferrand

Adam WEISWEILER

lundi 4 février 2013, par Barbara Cogollos

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Adam WEISWEILER (1744-1820) est un ébéniste du XVIIIe. Traditionnellement considéré comme un élève de david ROETGEN, il est l’un des plus brillants ébénistes de la fin du XVIIIe.

Peut être né à Nieuwied-sur-le-Rhin, WEISWEILER est en France en 1777 pour son mariage. En 1778 il reçoit ses lettres de maîtrise et s’installe au Faubourg Saint Antoine où il acquiert rapidement une grande notoriété. Il se spécialise, avec succès, dans les petits meubles gracieux (bonheurs du jour, cabinets, guéridons etc). Il est rapidement connu pour son utilisation des plaques de porcelaine de Sèvres ou de Wedgewood. Ses créations sont vite prisées par l’aristocratie ainsi que les grandes cours d’Europe. Via l’intermédiaire du marchand Mercier Daguerre il devient fournisseur de la cour de France, de la Reine de Naples ou encore de Catherine II de Russie.

La production de WEISWEILER est caractérisée par une exécution hors pair. En effet, ses bâtis de chêne sont parfaitement assemblés, les essences qu’il utilise pour ses plaquages sont de premier choix. De plus, ses recherches et ses réflexions constantes font de lui un précurseur en matière de goût et de mode décorative. Il travaille avec les meilleurs artisans de chaque domaine, par exemple, les bronzes qu’il utilise sont d’une finesse prodigieuse et on les attribue généralement au célèbres bronziers GOUTTIERE ou THOMIRE.

Au fur et à mesure de l ’évolution de sa carrière il produit de plus en plus de meubles de taille « normale ». Ces meubles, bien que plus importants par leur taille, sont toujours d’une grâce et d’une qualité d’exécution qui confère au génie. En effet cette console garde des proportions tout à fait gracieuses.

Artisan de talent, il fût toujours à la pointe du goût et de la mode, ses créations évoluant en même temps que la société de son temps. Il traversa la Révolution sans problèmes majeurs puis ensuite il fournit la cour Impériale.

Certaines des créations de WEISWEILER se retrouvent dans des musées qui sont parmi les plus prestigieux au monde. Citons le musée du Louvre qui conserve entre autre une table à écrire en laque du Japon et placage d’ébène, une paire de commodes à vantaux en acajou conservée au château de Versailles ainsi qu’un meuble à hauteur d’appui en ébène et marqueterie Boulle conservé au Victoria and Albert Museum à Londres.

WIEWEILER est aussi très présent en salle des ventes et détient quelques enchères qui sont parmi les plus hautes pour ce genre de lot. Citons, un important secrétaire proposé par Hampel, Fine art auction le 16 JUIN 2010 à Munich et estimé 180 000/ 200 000€ (voir annexe photo), un secrétaire à abattant en acajou moucheté, vendu 230 000$ par Christie’s London le 9 février 2012 ou encore un rare meuble oratoire vendu par Kohn à Paris le 16 novembre 2011 et adjugé 144 000€. Notons aussi le record atteint par une commode estampillée WEISWEILER et CARLIN, vendue 7,01 millions d’euro à Monaco en 1999.

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